la Juventus, qui affronte Lyon en quart de finale, symbole de l’essor du football féminin en Italie

« Quand j’entends une femme parler de tactique, ça me retourne l’estomac. Je n’y arrive pas », assurait en février 2019 l’ancien champion du monde de football italien Fulvio Collovati, reconverti en commentateur télé. Pourtant, cette même année, la Squadra Azzurra atteignait les quarts de finale du Mondial 2019 en France. Une compétition suivie par près de 25 millions de spectateurs dans le pays.

Trois années plus tard, l’équipe féminine de la Juventus affronte l’Olympique Lyonnais en quarts de finale de la Ligue des champions, mercredi 23 mars. « Le football italien progresse et vite. La sélection nationale a montré ses qualités », a appuyé l’entraîneure de l’OL, Sonia Bompastor. « La Juventus s’est qualifiée pour la phase finale de la Ligue des champions, cela montre la qualité du football italien. Ce sont des équipes qui évoluent bien. »

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— OL Féminin (@OLfeminin) March 22, 2022

Il est vrai que le football italien féminin est en plein essor, aussi bien en terme d’intérêt, que de pratique. Après la Coupe du monde, 34,1% des Italiens ont déclaré s’intéresser au football féminin. L’intérêt des amateurs de football pour la Serie A féminine a lui aussi augmenté : entre 2016 et 2019, il est passé de 14% à 30%, et de 11% à 22% parmi la population italienne de plus de 18 ans. 

La Fédération italienne de football n’est pas étrangère à ce nouvel engouement et se donne les moyens de faire progresser le football féminin. Depuis la saison 2018-2019, l’instance gère l’organisation des compétitions de haut niveau (Serie A, Serie B, Primavera, Coppa Italia et Supercoppa).

Et cette direction semble porter ses fruits. Au cours des douze dernières années, le nombre de licenciées a grimpé d’environ 65 %, passant de près de 19 000 en 2008-2009 à plus de 31 400 en 2019-2020. En parallèle, la couverture télévisuelle a également fait un grand bond en avant, enregistrant une hausse de 81%. 

Cette place qu’est en train de se frayer le fooball féminin en Italie attire. La Française Alice Benoît a fait le choix de quitter le club de Soyaux pour rejoindre le championnat italien cette saison. Elle évolue désormais à Sassuolo et ne regrette pas sa décision. « J’ai été agréablement surprise par la qualité du championnat », confie l’ancienne internationale tricolore U19. « C’est un football complètement différent. En France, c’est plus athlétique, il y a davantage de duels. En Italie, c’est plus tactique, plus collectif. »

En Italie, les écuries féminines sont rattachées à des clubs historiques, comme la Juventus, l’Inter Milan, ou encore l’AC Milan. « Ils ont plus de moyens, plus de médiatisation, donc le développement va plus vite que dans le foot français. Les noms des clubs parlent plus aux passionnés », fait remarquer Alice Benoît.

Elle souligne également le caractère imprévisible des rencontres en Serie A féminine : « Il y a plus de surprises en Italie qu’en France. Se dire qu’on peut même accrocher la Juventus, première du championnat, c’est très enrichissant. En France, il n’y a pas ça. Il y a trop d’écart avec Lyon ou Paris. Tu sais que tu vas devoir poser le bus tout le match et essayer de retarder au maximum le moment où tu encaisseras un premier but. »

La Serie A féminine aura le statut de ligue professionnelle dès la saison prochaine. « Le nouveau statut va assurer plus de sécurité et d’avantages aux joueuses. De plus en plus d’étrangères vont faire leur arrivée », projette Alice Benoît.

De son côté, la France continue de stagner et ne semble pas avancer par rapport aux autres nations européennes. « L’étau se resserre. On se rend compte qu’on n’a plus l’avance qu’on pouvait avoir auparavant. Je l’ai réalisé depuis trois ans », a glissé Amandine Henry dans un entretien accordé à Ouest France, le 22 février dernier.

Organiser des compétitions internationales, c’est bien. S’investir dans notre championnat, c’est mieux. On est à la ramasse et la CDM 2019 a eu aucun impact. https://t.co/yF6ebrAJZs

— Ada S Hegerberg (@AdaStolsmo) February 7, 2022

« Ca n’avance pas assez vite en France », pointe du doigt Alice Benoît. « Il y a de bons effectifs qui se sont construits parmi les équipes évoluant en première division. Mais lorsque je discute avec des joueuses qui évoluent en France, nous faisons le même constat : on n’en fait pas assez pour la condition des joueuses. »

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