des négociations sur une possible « autonomie » débuteront en avril

« Autonomie »: le mot est écrit noir sur blanc dans le compte-rendu « acté » vendredi soir par Gérald Darmanin et le président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, à l’issue d’une visite de trois jours du ministre de l’Intérieur pour apaiser les tensions dans l’île.

Envoyé dans l’île par le président-candidat Macron pour apaiser les tensions après l’agression en prison d’Yvan Colonna, toujours dans le coma depuis, Gérald Darmanin avait créé la surprise dès mardi soir en ouvrant la possibilité de discussions pouvant aller jusqu’à l’« autonomie », dans un entretien à Corse-Matin.

Saluant des « engagements très forts », Gilles Simeoni avait toutefois souhaité que ses échanges avec le ministre « soient consignés dans un document » avant de pouvoir considérer avoir « posé une première pierre d’un processus historique ». Une demande acceptée par Gérald Darmanin et donc concrétisée.

Début des négociations en avril, conclusion avant fin 2022

Selon le texte de ce document, le processus de négociations « débutera à Paris dès la première semaine du mois d’avril par un premier cycle de réunions », et il devra être « conclu avant la fin de l’année 2022 ». « Son périmètre couvrira l’ensemble des problématiques corses, sans exclusive », dont « l’évolution institutionnelle vers un statut d’autonomie qui reste à préciser », est-il précisé.

« Si le ministre de l’Intérieur a confirmé l’absence de tabous quant aux sujets abordés, il a néanmoins réaffirmé deux principes intangibles, rappelés par le Président de la République : « la Corse dans la République et le refus de créer deux catégories de citoyens » », poursuit le texte.

Promesse de «vérité » sur l’agression de Colonna

Dans ce document, le locataire de la place Beauvau s’engage également à ce « que toute la vérité soit faite sur les circonstances de la tentative d’assassinat d’Yvan Colonna » le 2 mars à la prison d’Arles (Bouches-du-Rhône), où il purgeait une peine de perpétuité pour l’assassinat du préfet Erignac en 1998.

Cette vérité doit surgir de trois dispositifs d’enquêtes : « La mission de l’Inspection générale de la justice demandée par le Premier ministre dont les conclusions seront rendues publiques », « la saisine du Parquet national antiterroriste et l’instruction judiciaire en cours », et enfin des auditions entamées au sein du parlement sur le sujet.

Concernant la situation d’Alain Ferrandi et Pierre Alessandri, les deux autres condamnés à perpétuité pour la mort du préfet Claude Erignac, il est précisé que la levée par le Premier ministre de leur statut de détenu particulièrement signalé (DPS) « ouvre désormais la voie à (leur) prompt rapprochement dans les prochaines semaines vers le centre de détention de Borgo ».

« Processus historique » conditionné au « calme » sur l’île

Via ce texte, Darmanin et Simeoni « conviennent » également « que la mise en oeuvre de ce processus historique ne peut s’envisager que dans un cadre général apaisé et calme ».

« Mettre cela par écrit, c’est très fort », a réagi un conseiller de l’exécutif gouvernemental, soulignant que « tout le monde constatera que cela fait plusieurs jours que le calme revient ».

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