Streaming. La série « Drôle », Jared Leto ou Ben Affleck ? Notre sélection du week-end

Un film, une série… Qu’est-ce qu’on regarde et qu’on évite de regarder ce week-end sur les plateformes ? On vous dit tout.

La série française : « Drôle » sur Netflix

Depuis que « Dix Pour Cent » a connu le succès en France sur France 2, mais aussi dans le monde entier via Netflix, la scénariste Fanny Herrero s’est fait un nom dans l’univers de la série. Son nouveau projet, « Drôle », quitte l’univers des agents de cinéma pour celui de la scène avec des jeunes qui se lancent dans le « stand-up ».

On va suivre ainsi les parcours de quatre comédiens en herbe qui évoluent tous sur les mêmes planches, celles du  »Drôle comedy club » : Aïssatou, (Mariama Gueye), mère de famille connaissant le succès après un sketch partagé sur les réseaux sociaux, mais qui pourrait menacer son mariage ; Nezir (Younès Boucif), humoriste de talent vivant avec son père handicapé et dans la galère financière; Apolline (Elsa Guedj), jeune femme issue d’un milieu bourgeois qui veut percer dans le métier ; et Bling (Jean Siuen), patron du  »Drôle comedy club » mais surtout sur le déclin niveau humour.

D’une manière assez réaliste, la série montre l’envers du décor de l’exercice : le stress des premiers passages, les jobs alimentaires, les relations avec les producteurs… Mais aussi la somme de travail qu’il faut produire pour être… drôle. C’est l’une des forces de la série, montrer comment un sketch peut être marrant ou raté.

« On peut avoir l’impression que c’est facile de raconter une blague, mais non », souligne dans le Parisien Shirley Souagnon, humoriste spécialisée dans le stand-up, qui a participé à l’écriture du scénario de la série, mais a aussi formé les acteurs de la série à rentrer dans leurs personnages. « Tenir un micro, se positionner, trouver le ton, le bon rythme pour dire une vanne, c’est 50 % du boulot. Là, on a tout déconstruit pour tout reconstruire, ça permet de reprendre les bases. Même pour nous, ça a été formateur ! », insiste aussi Jason Brokerss, membre du  »Jamel comedy club » ayant participé au programme.

Mais « Drôle », ce n’est pas que de l’humour. A travers ces différents parcours, la série réussit à montrer un échantillon représentatif de la jeunesse française entre 20 et 35 ans, ses joies et ses galères, grâce à des personnages attachants. Chaque spectateur ou spectatrice aura ainsi son personnage chouchou, et pas uniquement parce qu’il est… drôle.

La mini-série : « WeCrashed » sur Apple TV+

A l’heure où certains politiques se gargarisent que la France est la « start-up nation », il est utile de se rappeler que la modèle de la start-up n’est pas la panacée de l’économie, surtout quand l’une d’entre elles part en vrille.

Créé en 2010, la société WeWork s’est développée grâce au coworking (espaces de travail partagés), en présentant des locaux à la fois modernes et conviviaux. Une entreprise qui a connu un succès fulgurant avant de se casser la figure en 2019-2020 (même si elle continue d’exister). En cause, la gestion particulière d’Adam Neumann, son co-fondateur, et de sa femme Rebekah. Le couple avait des allures de rock-stars, en participant à des réunions à la sortie de soirées arrosées, en ayant des ambitions irréalistes et un train de vie démesuré.

Une histoire qui a inspiré un podcast « WeCrashed: The Rise and Fall of WeWork », et adaptée en mini-série avec donc « WeCrashed ». Pour incarner la folie des Neumann, il fallait des stars pouvant être plus grandes que la vie, et le choix de Jared Leto et Anne Hathaway est assez judicieux, même s’il faut aimer le surjeu d’acteur (notamment l’accent israélien assez osé de Jared Leto, après son accent italien dans « House of Gucci »).

« WeCrashed » est intéressant pour voir la folie d’un modèle capitaliste encore très présent. Après, on peut trouver ironique qu’une série Apple donne des leçons sur la gestion d’une start-up, mais c’est un autre débat…

Le film : « Eaux profondes » sur Amazon Prime Video

« Eaux profondes », ça vous dit quelque chose ? C’est normal, puisqu’il s’agit d’un roman de Patricia Highsmith (à qui l’on doit entre autres « Le Talentueux M. Ripley », paru en 1958) déjà adapté au cinéma dans « Eaux profondes », un film français avec Isabelle Huppert et Jean-Louis Trintignant sorti en 1981. 40 ans plus tard, une nouvelle adaptation arrive, réalisée par le vétéran Adrian Lyne ( « 9 Semaines 1/2 », « L’Echelle de Jacob »), avec Ana de Armas et Ben Affleck (alors en couple dans la vraie vie) dans les rôles principaux.

Le synopsis ? Vic et Melinda Van Allen est un couple aisé de la Nouvelle-Orléans dont le mariage s’écroule sous le poids de la rancœur, de la jalousie et du doute. Alors que leurs provocations et manipulations mutuelles s’intensifient, les choses se transforment rapidement en un jeu du chat et de la souris mortel lorsque les amants de Melinda commencent à disparaître.

Si le film ne sort pas du carcan du drame bourgeois et du thriller érotique d’il y a 20 ou 30 ans, la prestation d’Ana de Armas, qui incarne une épouse à la redoutable ambiguïté, porte à elle seule cette adaptation sur ses épaules.

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