une détenue porte plainte pour viol contre une surveillante

Une enquête a été ouverte par le parquet d’Évry (Essonne) après la plainte pour viol et violences d’une détenue de la maison d’arrêt des femmes de Fleury-Merogis contre une surveillante.

La détenue, âgée de 22 ans, accuse une surveillante de l’avoir violée en lui « insérant des doigts dans son vagin » lors d’une fouille pour possession de téléphone, selon son avocate Marie Violleau.

Les surveillantes donnent une autre version 

La jeune femme, en détention provisoire depuis mai dernier pour complicité de vol à main armée, affirme également qu’avant cette fouille plusieurs surveillantes l’ont plaquée violemment contre une porte et contre un mur, assurant ne pas avoir été agressive. Des faits qui remontent à décembre et pour lesquels elle a porté plainte pour viol et violences volontaires.

L’enquête donnera lieu à une audition de la victime avant toute qualification, a précisé une source proche du dossier.

Le compte-rendu d’incident rédigé par les surveillantes donne une autre version. Selon elles, la détenue a tenté de mettre un téléphone dans ses parties intimes. Ne voulant pas le remettre aux agents pénitentiaires, une fouille corporelle a été réalisée et le téléphone a été retrouvé dans le pantalon.

« J’espère que la mobilisation de l’Observatoire international des prisons (OIP), qui a révélé l’affaire, et l’ouverture d’une enquête feront sortir l’administration pénitentiaire de sa torpeur systématique dès lors que la responsabilité de l’un de ses membres est interrogée. La gravité des faits dénoncés par ma cliente impose une transparence totale et rapide de la part de ses membres », a indiqué Me Marie Violleau.

« Loi du silence »

Selon un rapport de l’OIP publié en 2019 sur les violences commises par des agents pénitentiaires sur des détenus, « ces actes se déroulent majoritairement hors-champ des caméras et obéissent à la loi du silence, rendant la recherche de la vérité particulièrement compliquée ».

Or, « en l’absence de preuve, la parole du détenu a souvent bien moins de poids que celle de l’agent pénitentiaire », donnant l’exemple des comptes-rendus d’incident produits par les surveillants qui « sont peu remis en question, alors même que de nombreuses affaires font état d’écrits falsifiés ».

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