Justice. Quinze ans de prison pour avoir tué sa belle-mère sénile et blessé son mari dément

Danièle Careddu, 66 ans, a été condamnée à quinze ans de réclusion criminelle pour le meurtre de sa belle-mère devenue sénile, et la tentative d’homicide de son époux, atteint de démence.

Ce que l’accusée a décrit comme « un coup de folie », celui d’une femme épuisée par la prise en charge, des années durant, de ces deux proches. « Je me voyais vieillir et je me disais : jusqu’à quand je vais faire ça, nettoyer les couches », a-t-elle dit durant les débats.

« Refuser toute aide extérieure ne pouvait qu’aboutir à un échec »

Paulette Dufossé, 85 ans, frappée d’une quarantaine de coups de couteau et égorgée dans son sommeil, et Marc Dufossé, 58 ans, avaient été décrits par l’avocate générale comme « les victimes expiatoires du choix obstiné de Danièle Careddu de s’occuper d’eux sans aucune aide extérieure qui lui a pourtant été proposée ».

Si l’avocate générale admet qu’il est « extrêmement difficile d’être l’aidant d’un proche, refuser toute aide extérieure ne pouvait qu’aboutir à un échec », souligne la magistrate précisant qu’« accepter que d’autres les prennent en charge, ce n’est pas abandonner ses proches ».

« Je ne dormais plus, je ne faisais que du ménage »

Danièle Careddu assure aujourd’hui n’avoir plus aucun souvenir des faits. Son mari était atteint d’un syndrome de Korsakoff consécutif à son alcoolisme. « J’ai pété les plombs, ça devait être une fatigue générale, je ne dormais plus, je ne faisais que du ménage. Ce trop-plein de tout ce que j’ai accumulé, ça devait sortir », a déclaré l’accusée.

Aux yeux de l’avocate générale, « c’est elle-même qui, dans un besoin de reconnaissance, a mis en place ce contexte lourd qui a fait que l’aidant est devenu bourreau ». Paulette Dufossé, à laquelle Danièle Careddu avait fait la promesse de ne jamais la placer en institution, était celle qui posait le moins de problème: elle était couchée de 18h30 jusqu’à 11 heures le lendemain, a rappelé le parquet général. « Et c’est sur elle que vous commettez une immense violence alors que vous n’avez pas de griefs ».

Me Jean-François Pedinielli, l’avocat du fils du couple, partie civile, a enjoint les jurés à faire que ce fils et cette mère « qui a commis l’irréparable » se retrouvent au plus vite. « Cette société au nom de laquelle vous allez condamner, même avec un système de santé parmi les plus généreux, n’arrive pas à prendre en charge la dépendance, le handicap, la dégénérescence. Alors elle s’en remet aux familles qui ne sont pas formées mais vont s’autosacrifier », a plaidé ce dernier. Le verdict est attendu mercredi dans la soirée.

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