« On est assis par terre », des amphis plein à craquer à l’université de Strasbourg

Dos contre le mur, ordinateur sur les genoux et les escaliers comme table de travail. La scène est immortalisée par un enseignant de l’université de Strasbourg. Face à lui, un amphithéâtre plein craquer d’étudiants. Certains n’ont pas pu rentrer, faute de place. Plusieurs filières, notamment en droit, ont vécu la situation et sont obligées de revenir à des cours en distanciel pour désengorger les classes.

Cour magistral dans les escaliers

Louise est en deuxième année de STAPS, en sciences des sports, et la rentrée scolaire n’est pas de tout repos pour la jeune fille : « On se retrouve avec beaucoup trop de monde, on est assis par terre, dans les marches à prendre des notes, sans table, sans chaise. » 

Les derniers arrivées doivent même parfois rebrousser chemin. « On se dit : est-ce qu’on va avoir une place ? Et même si on en a une, est-ce qu’on arrivera à suivre ? », s’interroge l’étudiante. Les élèves organisent un rassemblement ce mercredi 13 octobre, à 14 heures, pour se faire entendre. La situation ne concerne pas que Strasbourg. A Rennes, Nantes, ou au Mans, les filière STAPS sont également en pleine crise sous le hastag #STAPSoubliés, pour dénoncer le manque de moyen.

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Les étudiants en troisième année de droit à Strasbourg connaissent également des difficultés. Les deux amphithéâtres accueillent parfois « jusqu’à 250 élèves » souffle Capucine, alors qu’ils n’ont qu’une capacité de 150 places. A ses côtés, Glen a une explication : « On est plus cette année car plus d’étudiants ont réussi à passer dans les années supérieurs, notamment avec les examens à distance. » 

Retour au distanciel

Le début de l’année s’est donc joué au coude à coude, avant que l’université tranche : les élèves alternent entre distanciel et présentiel dans certaines filières « On est habitué à ce système, on n’a pas été surpris, mais on a des témoignages d’étudiants qui nous disent qu’ils ont dû mal à suivre en distanciel, des soucis de connexion, parfois il y a des cours qui sautent », regrette Capucine, étudiante en droit, avant d’ajouter que la direction de l’université « met en place tout ce qu’elle peut pour nous aider. » 

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Cette formule inquiète Lucas Weill, représentant syndical de Solidaires Etudiant Alsace : « On craint que le cours en distanciel se pérennise, y compris après la crise du Covid-19. Que cela devienne une sorte de palliatif au lieu d’avoir un vrai plan d’investissement dans le personnel et les bâtiments. » 

Le problème ne s’explique pas uniquement avec la crise du Covid-19. « Je pense qu’on est juste, face à l’augmentation des effectifs depuis une dizaine d’année et le campus ne peut pas s’agrandir ad vitam aeternam », constate Fabrice Favret, doyen de la faculté de STAPS. Selon lui, le manque de place touche également les filières des sciences de la vie et de psychologie.

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