Le crédit de Kompany n’est pas éternel non plus (Anderlecht)

Kompany a évidemment plus de crédit que n’importe quel autre coach, mais la patience des dirigeants a des limites.

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Le match de ce samedi à Charleroi sera crucial pour Vincent Kompany. Analyse de la situation de crise au Sporting.

Àtous ceux qui espéraient que Vincent Kompany serait viré cette semaine : il sera bel et bien sur le banc lors du match à Charleroi, ce samedi. Le 1-1 contre Courtrai – le dixième match de la saison sans victoire, sans compter l’élimination en Conference League contre Vitesse – ne lui coûtera donc pas la tête.

Que les choses soient toutefois claires : c’est la crise à Anderlecht. Comme après chaque mauvais résultat, Kompany devra s’expliquer dans le bureau de ses patrons cette semaine. Le résultat? Une fois de plus, on peut s’attendre à une autre équipe et une autre tactique à Charleroi. En tout cas, Zirkzee ne jouera plus comme numéro 10. Kompany ne parvient pas à trouver la formule gagnante.

Le crédit de Kompany est-il éternel? Non. Wouter Vandenhaute nous l’avait déjà dit lors de sa seule interview depuis qu’il est président d’Anderlecht : « Kompany sera évalué comme tout autre entraîneur. »

Donc, il ne peut plus se permettre de perdre trop de points dans les semaines à venir. Sinon, la direction sera contrainte de prendre une décision qu’elle détesterait: le virer. Bien sûr qu’un autre entraîneur aurait déjà été mis à la porte. Mais Kompany n’est évidemment pas n’importe qui. Outre le fait qu’il s’agirait d’une opération très coûteuse – il est l’entraîneur le plus cher de l’histoire du club – et qu’il continue à épater tout le monde à Neerpede avec les heures qu’il y passe, ce serait surtout une horrible défaite pour le club de devoir se séparer d’une de ses plus grandes légendes. Sans lui, le Sporting serait resté un club fade avec des entraîneurs comme Rutten, qui n’ont aucun lien avec le club. Sur les réseaux sociaux, Kompany a de plus en plus d’adversaires parmi ces supporters. Et oui, il y a eu des chants pro-Verschaeren et des sifflets après le match. Mais avez-vous déjà vu une banderole anti-Kompany ou avez-vous déjà entendu une fois scander « Kompany buiten » dans le stade? Pas encore.

Kompany est un enfant de la maison qui se donne à fond pour le club de son cœur. Les fans faisaient la fête à Gand, le 19 mai 2019, jour de l’annonce du retour de Kompany. Pourtant, le Sporting avait perdu 1-0 et ne s’était pas qualifié pour la Coupe d’Europe. Son « Trust the Process » a fait rêver les supporters affamés d’un titre de champion de Belgique et d’une participation à la Ligue des champions avec onze joueurs formés à Neerpede. Dimanche, il n’y en avait même pas un dans l’équipe de base. Cela doit avoir fait mal à Kompany de faire un onze sans le moindre « Neerpede-boy ». Mais quand ça brûle, c’est humain qu’on pense d’abord à sauver sa propre peau. La façon dont Wesley Hoedt a défendu son entraîneur à son point de presse après le match était presque touchante. « À quelques exceptions près, tout le groupe partage mon avis », disait Hoedt.

Les exceptions sont évidemment plus nombreuses que deux ou trois joueurs. Parmi les joueurs clé, il y en a quelques-uns qui se posent des questions par rapport à certains choix tactiques. Et comme dans chaque équipe, la majorité des non-titulaires préfère que le coach soit mis à la porte. En ce moment, ce sont surtout les jeunes qui sont sur le banc ou en tribune. Quel serait leur avis sur leur coach? Kompany a toujours dit qu’il les rendrait meilleurs, mais partagent-ils encore cette impression ou ont-ils le sentiment de faire du surplace? Croient-ils encore ses discours impressionnants? Et osent-ils lui poser des questions ou ont-ils trop de pudeur envers lui, vu sa personnalité et son palmarès de joueur?

Les dirigeants prient pour que la mayonnaise prenne enfin, samedi à Charleroi. La tension sera maximale.

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