Marine Le Pen veut rouvrir la centrale nucléaire de Fessenheim, difficilement envisageable pour l’ASN

Marine Le Pen a annoncé ce lundi matin sur France Info, que si elle l’emporte en 2022, elle veut rouvrir la centrale nucléaire de Fessenheim dans le Haut-Rhin, centrale dont les réacteurs sont arrêtés depuis juin 2020. « Je construis six EPR et je rouvre Fessenheim », précise la candidate RN à l’élection présidentielle.  

Elle a par ailleurs demandé à Emmanuel Macron, un moratoire sur le démantèlement de Fessenheim :  » parce qu’en mars 2022, ce démantèlement arrivera à un point de non retour, un point où ne pourra plus jamais rouvrir Fessenheim. Je lui demande donc compte tenu de la chance de l’hypothèse de sa défaite, un moratoire pour laisser à son éventuel successeur, la liberté de faire marche arrière ». 

Pas de retour en arrière de prévu, pour l’Autorité de sûreté nucléaire 

La centrale nucléaire de Fessenheim est à l’arrêt depuis le 30 juin 2020. Les travaux de pré-démantèlement sont engagés et le démantèlement débutera vraiment en 2025. Le combustible usé de la première tranche a été totalement évacué vers la Hague, dans la Manche. L’année prochaine, c’est le combustible usé de la tranche 2 qui doit partir.  » Nous sommes engagés dans une procédure qui ne prévoit pas de retour en arrière, » a précisé Pierre Bois, le chef de la division de Strasbourg de l’Autorité de sûreté nucléaire. 

« Certains équipements qui ne sont plus utilisés aujourd’hui n’ont pas fait l’objet de contrôles périodiques réglementaires et ne pourront pas être remis en service. Par ailleurs, le site n’a pas fait les dernières améliorations qui sont imposées au reste du parc nucléaire français, comme l’installation d’un noyau dur post Fukushima. C’est ensemble d’équipements qui prévient l’aggravation d’un accident. Le site de Fessenheim a un noyau dur, mais qui est adapté aux enjeux d’un site à l’arrêt et non en activité, » a complété le représentant du gendarme du nucléaire. 

« Techniquement populiste », pour le député LR Raphaël Schellenberger 

Pour Raphaël Schellenberger, le député LR du Haut-Rhin et président de la Clis, la Commision locale d’information et de surveillance du site de Fessenheim :  » Aujourd’hui techniquement c’est populiste. La centrale nucléaire ne peut plus être en activité, on a commencé à la démonter. Relancer les deux réacteurs c’est techniquement impossible, c’est une mesure populiste. Si la question est de savoir si il y a un avenir nucléaire à Fessenheim, je pense que oui. J’aurais beaucoup aimé entendre Marie Le Pen beaucoup plus tôt sur ce sujet, avec des positions beaucoup plus claires là aussi, » a expliqué l’élu haut-rhinois. 

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