La crise du papier frappe certaines maisons d’éditions alsaciennes

Au rayon des hausses de prix et des pénuries depuis la fin du deuxième confinement, il y a celle du papier. S’en procurer est de plus en plus difficile et cher pour les acteurs du secteur depuis plusieurs mois. En bout de chaîne, cette crise a un impact direct sur les maisons d’éditions alsaciennes.

Les délais de livraison s’allongent

En 26 ans de carrière dans l’édition, Bernard Ulsemer d' »I.G Editions » à Bernardswiller n’a jamais vu ça : « Ca devient infernal. Normalement comme je suis bon payeur, j’ai mes livres en deux semaines. Mais là, les imprimeurs ont du mal à se fournir, donc ça prend beaucoup plus de temps ». 

Il y a trois mois, comme chaque année à cette période, il a commandé à son imprimeur traditionnel les livres qu’il voulait publier pour la fin d’année. Mais il ne les aura pas à temps. « J’ai demandé à réimprimer mon livre phare sur les bredele de Noël… Mais je ne serai livré qu’au début du mois de décembre selon mon imprimeur. Ce sera trop tard, les gens auront déjà acheté le livre ailleurs », se désole-t-il. 

A cause des délais, il risque de ne pas profiter de la période des fêtes, moment phare en termes de ventes. « C’est la grosse période pour nous, mais si les livres ne sont pas là on ne peut pas les vendre. Et après ça il y a vrai creux, les gens ont la tête ailleurs… On a déjà connu une grosse baisse de notre chiffre d’affaire à cause de la crise. C’est vraiment une contexte difficile. » 

Vers une augmentation des prix ? 

De son côté, la maison d’édition strasbourgeoise « La Nuée bleue » n’a pour l’instant pas vraiment  pas ressenti les effets de cette crise. Mais sa directrice, Mathilde Remaux sait qu’elle pourrait bientôt y être confrontée : « Les imprimeurs nous le disent tous : les devis qu’ils font actuellement ne sont pas définitifs, car le prix de la matière première risque d’augmenter dans les prochains mois. »

Difficile là encore d’anticiper la bonne marche à suivre pour les maisons d’édition. « Il faudra un peu improviser le moment venu. On va être encore plus attentif au gâchis de papier. Peut-être qu’il faudra décaler la production de gros livres. Mais pour l’instant c’est très difficile de programmer car on ne sait pas vraiment quand va tomber l’augmentation, ni combien de temps elle va durer ». 

Dans cette crise du papier, ce sont pour l’instant les maisons d’éditions qui travaillent avec les plus gros fournisseurs de papier et imprimeurs qui seraient le moins touchées. 

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