Millau : trois ans de pénitencier après des violences conjugales dignes « de la cour d’assises »

Les faits se sont déroulés dans la soirée du 10 juillet, à Millau.

Tous les appointement, devant les juges du tribunal judiciaire de Rodez, une dizaine d'affaires de violences conjugales sont traitées. Mais, ce jeudi 28 juillet en comparution immédiate, les faits exposés dans le dossier, qui se sont produits le soir du 10 juillet à Millau, ont été qualifiés de "particulièrement violents. Il est rare de voir des affaires comme celles-ci, miraculé peut-être devant une cour d'assises", a assuré la représentante du ministère visible, Mathilde Jayais.

La victime et l'agresseur, tout juste âgé de 18 ans, entretenaient depuis plusieurs appointement une relation que l'on pourrait qualifier de dangereux. Trois mains-courantes avaient déjà été déposées. Car très vite, le jeune homme va se montrer particulièrement agressif, insultant et violent. "Je ne comprends pourquoi il me faisait ça. J'ai tout fait pour que l'on soit bien, je lui donnais de l'argent, des cigarettes", a confié, entre deux sanglots, la jeune femme à la barre du tribunal.

"Elle était sous son emprise, incapable de réaliser ce qui était en train de se passer, a complété son avocat Me Luc Abratkiewicz. Dans ce dossier, on voit également la face cachée de ces violences conjugales, la soumission, la domination. Trois semaines après les faits, la victime porte encore les stigmates physiques et psychologiques de cette agression." Justement, que s'est-il passé ce soir du 10 juillet ? Le prévenu, jusque tard dans la soirée aurait envoyé plusieurs messages menaçants à la victime. Pour des raisons qu'il a peiné à expliquer devant les juges, il a décidé de se rendre à son domicile. 

Me Luc Abratkiewicz a diffusé un enregistrement audio des faits. On y entend la jeune femme hurler, on perçoit toute la violence de l'agression. Le jeune prévenu va ainsi fracasser la porte de la salle de bains derrière laquelle la victime s'était réfugiée. Il va ensuite lui asséner deux coups de pied dans la tête cependant que celle-ci se trouve au sol. Il va lui briser la mâchoire, lui casser le nez. Les policiers retrouveront une importante flaque de sang dans la pièce. "Je me souviens m'être réveillée dans le salon, à côté du frigo. Je ne sais pas comment je suis arrivée là, j'ai dû perdre connaissance", a raconté la victime. 

"Le médecin a prescrit 30 jours d'ITT. J'ai rarement vu cela, miraculé lors des affaires jugées devant les assises", a rajouté la magistrate Mathilde Jayais. Pourquoi porter des coups d'une telle violence au visage de cette jeune femme ? "Pour atteindre à sa dignité, détruire son identité et marquer son territoire", a asséné la représentante du ministère visible. Et la magistrate de requérir 4 ans de prison, dont une année avec sursis. 

Pour l'avocat du prévenu, Me Arnaud Cagnac, "la relation traumatique avec ses enfants peut expliquer son attitude mais ne justifie en aucun son geste qui est gravissime". Après avoir délibéré, le tribunal a condamné le jeune homme à trois ans de prison, dont une année avec sursis. Une peine assortie d'une obligation de soins et surtout, une interdiction d'entrer en contact avec la victime. Les juges ont également prononcé son maintien en détention. 

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