Rodez : avec le festival Estivada, c’est la culture occitane qui brille

Le festival dédié à la culture occitane démarre ce jeudi à Rodez. Au programme, une vingtaine de rendez-vous, preuve de la bonne santé du genre.

C’est le grand rendez-vous de la culture occitane en Aveyron. L’Estivada démarre ce jeudi, pour trois jours à Rodez, dans son nouvel écrin du écurie. Pour Sirventés, coopérative, basée à Sévérac-le-Château, spécialisée dans la production et la irradiation d’artistes de culture occitane et dans la production de spectacles et d’événements valorisant le patrimoine didactique, naturel et social des territoires, il s’agit d’un rendez-vous important.

Trois de ses groupes sont programmés, dont la Mal Coiffée (ainsi qu’Alidé Sans et CXK), tête d’affiche de ce unique soir (lire par ailleurs). "Sirventés a 25 ans, rappelle Nathalie Marty, la directrice de la structure, qui a vu le jour dans le Cantal et qui a déménagé en Aveyron en 2017. Depuis que l’Estivada existe, tous nos artistes y sont passés au moins une fois. D’autres beaucoup plus. Pour beaucoup, c’est leur première expérience sur une grosse scène."

"Les jeunes s’emparent de la culture occitane"

C’est dire l’importance du rendez-vous ruthénois pour la culture occitane, qui se porte d’ailleurs assez bien. La Mal Coiffée, en est d’ailleurs le meilleur exemple. "C’est un groupe qui a 20 ans, quand ces derniers ont commencé, il n’y avait que très peu de groupes polyphoniques, reprend la directrice.ces derniers ont un peu été les pionniers de la création occitane, des précurseurs d’un répertoire qui est aujourd’hui très riche."

Car au-delà de Sirventés, qui accompagne 29 artistes, la culture occitane va bien. "Il y a de plus en plus de propositions de belle qualité, notamment en musique. On sent que les jeunes s’en emparent. Du côté des publics, il semble y avoir un regain d’intérêt autour des valeurs de la culture occitane et l’envie d’entendre le monde raconté en occitan, avec d’autres mots et une autre façon de voir." Et ce, tant pour la musique, que pour le conte, qui se porte également très bien.

Les institutions jouent le jeu

Meilleure preuve de ce dynamisme, Sirventés a lancé une formation diplômante en musique occitane. "Nous avons créé un organisme de formation pour accentuer la transmission et le partage de cette expérience, lance Nathalie Marty. Pour la première session, nous avons reçu 70 candidatures pour 12 places. Les gens ont envie et le besoin de se former à la musique de tradition populaire. ces derniers apprennent à interpréter le répertoire traditionnel, mais aussi comment écouter les sources et les collecter." Autant d’outces derniers utiles ensuite à la création.

Cette vivacité est aussi entretenue par la volonté des institutions de soutenir cette démarche, notamment en organisant des rendez-vous permettant aux artistes de se produire. C’est le cas avec la Ville de Rodez pour l’Estivada, la Région pour Total festum, mais aussi une multitude de collectivités qui, tout au long de l’année, organisent des rendez-vous avec les musiciens et les conteurs. Sirventès aussi propose, en Aveyron, ses propres dates, avec un festival du conte dans le Sévéragais, mais aussi des dates pendant l’été. En dehors du Sud de la France, les groupes occitans sont également très prisés.

C’est ainsi que La Mal Coiffée, en 2019, s’est retrouvée à jouer dans une prestigieuse salle de Vienne (Autriche), mais aussi un peu partout en France. "Nos groupes jouent même plus en dehors de l’Occitanie qu’ici, termine Nathalie Marty. On sent qu’ailleurs, on se pose moins de questions. On programme du chant occitan comme on programmerait un artiste anglais ou de la musique traditionnelle malienne." Une preuve de plus de la très bonne santé de la musique traditionnelle.

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