un généalogiste photographie 75.000 tombes pour sauver la mémoire des ancêtres

Dany Haury est restaurateur à Sélestat et habite à Hilsenheim, près de Sélestat. Sa crêperie étant fermée pendant les deux premiers confinements, il a trouvé une occupation qui l’a passionné. Une amie, qui travaille en maison de retraite, lui a donné l’idée d’aller photographier les tombes des cimetières du Centre Alsace.

« Les personnes âgées ne pouvaient pas se recueillir sur les tombes, car elles ne pouvaient pas sortir pendant le premier confinement, explique Dany Haury. J’ai vu que Geneanet avait mis en place un système d’indexation et de mise en ligne des photos des cimetières (et sur l’application mobile « Sauvons nos tombes »). Et donc j’ai photographié tombe par tombe dans les cimetières de 50 villages, ça fait environ 75.000 photos »

Tous ces clichés sont en cours d’indexation. C’est un travail titanesque,  totalement bénévole et gratuit, mais « un grand travail de partage », selon le restaurateur, qui a parcouru les cimetières du Centre Alsace. Il a ainsi immortalisé un patrimoine riche qui risque de tomber dans l’oubli. Geneanet estime que chaque année 200.000 tombes sont détruites en France, car les concessions ne sont pas renouvelées. 

Un coup de cœur pour Mackenheim

Dany Haury a eu un coup de cœur pour le cimetière israélite de Mackenheim. « Il est en pleine forêt, raconte le passionné de généalogie. On a l’impression de rentrer dans une clairière et de remonter le temps ». Il est aussi tombé sous le charme de certaines sépultures du cimetière israélite de Sélestat, les plus vieilles tombes datant de 1605.

Dany Haury est tombé sous le charme de plusieurs cimetières (notamment ici le cimetière israélite de Mackenheim)
– Dany Haury
Un entretien satisfaisant

Dany Haury a constaté que l’entretien des cimetières du centre Alsace était globalement satisfaisant. « Les petites communes font beaucoup de très gros efforts pour l’entretien des cimetières, les grandes un peu moins, car c’est immense, détaille le quinquagénaire. On a eu le cas du cimetière de Sélestat, où l’herbe poussait et tout le monde se plaignait. Mais personne n’allait l’arracher, ce n’est pas qu’aux ouvriers communaux de le faire ».

À force de photographier des tombes, Dany Haury a appris à aimer l’ambiance des cimetières : « Pour tout le monde, le cimetière est un endroit qui fait peur. Alors que non, on apprend beaucoup de choses ! Quand on voit les professions, les annotations sur les tombes, on se dit ah ben j’aurais bien aimé connaître cette personne et en savoir plus. Et dans les cimetières, on apprend surtout le silence ». 

122.000 photos de tombes alsaciennes

Grâce à l’opération « Sauvons nos tombes », 122.000 tombes ont déjà été photographiées en Alsace et indexées sur l’application et le site Geneanet (plus de 4 millions de clichés en France). S’il consacre désormais à nouveau l’essentiel de son temps à sa crêperie, Dany Haury refait de temps en temps un tour dans un cimetière, qu’il n’a pas encore exploré, pour continuer à photographier des tombes, afin qu’elles ne tombent pas dans l’oubli.

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