le duel Mauricio Pochettino-Jorge Sampaoli, deux entraîneurs argentins que tout oppose

Le feu et la glace. L’opposition entre Mauricio Pochettino, entraîneur du Paris Saint-Germain, et Jorge Sampaoli, technicien de l’Olympique de Marseille, peut se résumer à cela avant le Classique entre leurs deux équipes, dimanche 17 avril à Paris. Si leur nationalité argentine et leur passage au sein des Newell’s Old Boys les rapprochent, le style de chacun des deux hommes s’oppose sur quasiment tous les points. Analyse avant « cet unique match qui compte », cette « finale » annoncée par le technicien parisien.

« Je crois que je n’aime pas la comparaison. Nous sommes entraîneurs comme nous sommes dans la vie, chacun entraîne avec sa personnalité. C’est dur de nous comparer avec Jorge, comme avec d’autres entraîneurs. » Bien que Mauricio Pochettino ne souhaite pas évoquer le sujet en conférence de presse, samedi, il y a bien des divergences entre lui et son compatriote.

Au niveau du caractère déjà. Le flegmatique Pochettino tranche par son attitude détachée, tant sur le bord du terrain qu’en conférence de presse. L’homme est fermé, peu loquace, avec cette voix basse et ces mots qui, d’un même ton, ne dépassent jamais du cadre. Chez lui, ce sont ses performances qui font du bruit. Le taiseux a amené Tottenham sur le podium de la Premier League lors de trois saisons consécutives (2016, 2017, 2018) et a guidé le club londonien jusqu’en finale de Ligue des champions en 2019.

Il y a fort à parier que dimanche soir, le banc d’à côté fera plus de bruit. Jorge Sampaoli est du genre à rester debout pendant 90 minutes, du haut son 1,67 mètre. Jorge Sampaoli est un expressif. Un de ceux dont le sang-froid n’est pas la qualité principale. En attestent d’ailleurs ses dix cartons jaunes reçus cette saison en Ligue 1 : un record pour un entraîneur sur un même exercice. Le contraste avec son homologue parisien est saisissant.

Quand Pochettino distille calmement des consignes à ses joueurs et ne réagit que par quelques gestes lorsque les décisions arbitrales ne lui conviennent pas, Sampaoli est mû par une certaine forme d’agressivité qui détonne et est aujourd’hui sa marque de fabrique.

Jorge Sampaoli reçoit un carton rouge lors de la 37e journée de Ligue 1, le 16 mai 2021, lors du match entre l’OM et le SCO d’Angers. (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

Ce comportement se retrouve aussi dans le jeu qu’il propose. Jorge Sampaoli aime bouleverser les codes établis et imposer son style dès qu’il prend en main une équipe. La particularité du coach marseillais tient au caractère évolutif de ses schémas et de ses animations tactiques. On ne retrouve pas les mêmes systèmes en phases défensives et offensives. Un 3-3-3-1 dans la partie de terrain adverse peut devenir un 4-4-2 à la perte du ballon. Au total, onze dispositifs tactiques différents ont été alignés au coup d’envoi par le technicien argentin en Ligue 1 cette saison.

Depuis la capitale, Mauricio Pochettino, s’est prêté à une très synthétique analyse de la saison de son rival en conférence de presse d’avant-match: « Le collectif est important. Ils jouent en bloc, font de bonnes transitions vers une attaque rapide. C’est une équipe avec beaucoup de qualités. » Lui aussi a passé la saison à faire des retouches à un effectif régulièrement privé de ses meilleurs joueurs, mais il n’apparaît pas comme le seul maître à bord, au contraire de Sampaoli. En constante adaptation, en fonction de l’adversaire, des joueurs à sa disposition et de l’importance du match, Pochettino a récemment tenté de renouer avec ses principes, dont la volonté de récupérer le ballon haut grâce à un pressing efficace.

L’entraîneur du Paris Saint-Germain, Mauricio Pochettino, lors de la défaite à Rennes le 3 octobre 2021. (LOIC VENANCE / AFP)

Mais si une chose unit bien les deux hommes en ce sens, c’est l’importance d’un même homme dans leur manière de voir le football. Pochettino l’a évoqué lui-même en conférence de presse, samedi : « Nous avons été influencés par Marcelo Bielsa, c’est un point commun très important entre nous. » Un entraîneur qui avait guidé l’OM en 2014/15, mais qui avait perdu les armes à la main lors de ses deux Classiques contre Paris (0-2, 2-3).

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