Programme télé. « Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon dieu » ce soir sur TF1 : les raisons d’un succès

Ce fut un double carton dans les salles de cinéma. En 2014, les Français découvraient avec hilarité la vie de la famille Verneuil dans la comédie coécrite et réalisée par Philippe de Chauveron, Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu. En 2019, rebelote, la suite du film fait déplacer les foules en pleine crise des gilets jaunes. Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon dieu sera justement diffusé ce dimanche soir sur TF1, alors que le troisième volet Qu’est-ce qu’on a tous fait au Bon Dieu ? sort le 6 avril sur grand écran. Mais pourquoi cette saga a un tel succès ?

1/ La famille, une valeur sûre

« La famille ! Voilà LE sujet des grands succès de la comédie populaire », écrivait-on dans nos colonnes au moment de la sortie du film en janvier 2019. Pour preuve, en champions du box-office, les Verneuil de Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? (12 millions d’entrées – sixième plus gros succès français dans l’histoire de son box-office), La Famille Bélier (7,3 millions d’entrées en 2014), Les Tuche (quatre opus !) ou encore La Ch’tite Famille (5,5 millions)…

2/ Le reflet de la société

Le couple  »bourgeois catho » incarné par Christian Clavier et Chantal Lauby est attaché aux valeurs de la France. La famille Verneuil est aussi le reflet de la société actuelle avec les mariages mixtes de leurs quatre filles. Selon l’Institut national d’études démographiques (Ined), « un mariage célébré en France sur sept est un mariage mixte : une personne de nationalité française épouse une personne de nationalité étrangère. En 2019, les mariages mixtes représentent 15,3 % des mariages célébrés en France, alors qu’ils représentaient 6 % en 1950 ».

Un écho à la présidentielle

Si TF1 diffuse le deuxième volet de la saga moins de deux semaines avant la présidentielle, ce n’est pas pour rien… Car la série est une comédie politique malgré elle. Dans le rôle du patriarche, notaire réac’ à la retraite, toujours droit dans ses bottes et ses préjugés, Christian Clavier vante toujours l’esprit de famille et l’amour du terroir. Vieux coucou franchouillard, il parle avec amour de la province, de la France des villages, du patrimoine, de la France des champs… Et puis : « Vous avez voté Macron, hein ! Pourquoi partir ? », demande André Verneuil à ses beaux-fils qui veulent quitter la France, alors que le président était élu deux ans auparavant, entre les deux premiers volets de la saga.

3/ Une ode à la tolérance

Multigénérationnelle et multiculturelle, l’affiche est conçue pour attirer un public divers. Philippe de Chauveron reprend dans Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon dieu son ode à la tolérance, à la diversité et son éloge de la différence. « Il utilise le même usage satirique de vannes qui manient les pires clichés, les a priori les plus rances, pour mieux éreinter le racisme et l’antisémitisme », écrivait-on encore à propos de cette suite. On rit, on se moque, on s’identifie, mais on n’est jamais en colère.

4/ Le casting est le même, et ça marche

On reprend les mêmes… Autant de comédiens qui ont plu dès le premier opus et qui ont de nouveaux objectifs. Dans le deuxième opus, Isabelle (Frédérique Bel) et Rachid (Medi Sadoun) veulent être avocats à Alger pour défendre les femmes en bikini, Ségolène (Emilie Caen) et Chao (Frédéric Chau) veulent faire fructifier leur carrière à Shanghai, place forte des banques, Odile (Julia Piaton) et David (Ary Abittan) ont pour projet de partir en Israël, faire leur alyah ; ils apprennent l’hébreu. Charles (Noom Diawara) veut quand à lui aller à Bombay avec Laure (Elodie Fontan) pour faire carrière à Bollywood. Christian Clavier et Chantal Lauby rendent aussi très sympathiques leurs personnages qui dépassent pourtant parfois les bornes. Chose rare pour un volet numéro deux : scénariste, réalisateur, producteur sont restés les mêmes.

5/ La religion catholique vue à travers plusieurs pays

Cette fois, les parents de Charles, les Koffi, débarquent en France pour marier leur fille. Le couple ivoirien, (Pascal NZonzi et Salimata Kamate) est le pendant des Verneuil, incarnant la bonne bourgeoisie africaine étriquée, gardienne de la tradition, alors que Laure attend son premier enfant avec Charles.

6/ Une meilleure intrigue

La saga s’est adaptée aux nouveaux thèmes de société. « Pleine de rebondissements, l’intrigue est encore mieux troussée que dans le premier film. On retrouve les mêmes personnages mais ils sont amenés ailleurs », estime pour sa part Le Figaro. Des répliques cultes reviennent, réaménagées. Les scènes excèdent rarement deux minutes, ce qui rend le film très dynamique, expliquent encore nos confrères. La caméra ne s’attarde que sur les deux dîners familiaux, et on adore ça… Le troisième volet sera-t-il à la hauteur des deux précédents ? Réponse à partir de mercredi dans les salles obscures.

Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon dieu, ce dimanche soir à 21h10 sur TF1 (durée : 1h50), suivi du documentaire « Qu’est-ce qu’ils ont fait au bon Dieu » réalisé par Laurline Danguy des Déserts, qui revient sur le tournage de ces longs-métrages, dévoilant les coulisses ainsi que des scènes coupées au montage.

Le troisième volet de la saga Qu’est-ce qu’on a tous fait au bon Dieu, endeuillé par un accident lors du tournage en avril 2021, sort au cinéma le mercredi 6 avril.

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