jusqu’à 8 ans de prison pour des militants d’extrême droite

Quatre sympathisants d’extrême droite ont été condamnés vendredi à des peines allant jusqu’à huit ans d’emprisonnement par la cour d’assises à Nantes, pour avoir violemment agressé deux jeunes hommes le soir de la présidentielle de 2017.

A l’issue de plus six heures de délibéré, François-Mamès Cosseron de Villenoisy, 23 ans, a été condamné par la cour d’assises de Loire-Atlantique à six ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt pour des violences ayant entrainé une infirmité permanente, en réunion, avec arme et préméditation.

« Mon client assume ce verdict, il s’attendait à une condamnation », a affirmé son avocat, Me Loïc Cabioch, à l’issue de l’audience.

Antoine Desbas, 23 ans, et Matthieu Gaultier de la Richerie, 24 ans, ont écopé de peine de trois ans de prison avec sursis pour des violences commises en réunion avec arme et préméditation.

Jugé pour ces deux chefs d’accusation, Joyce Burkart, 32 ans, a été condamné à huit ans de prison avec mandat de dépôt.

« Colère, haine, violence… »

Le 7 mai 2017, Erwan David, 18 ans au moment des faits, et Steven Dardenne, 16 ans, rentrent chez eux en vélo quand ils sont poussés au sol puis frappés à coups de pieds et de bouteille en verre par des sympathisants du GUD, ancienne organisation étudiante d’extrême droite.

« Les peines prononcées sont conformes à ce qu’il s’est passé. La cour d’assises a apprécié avec justesse la participation des uns et des autres », a expliqué l’avocat de Steven Dardenne, Me Loïc Bourgeois.

Mis en fuite par un automobiliste

Lors de ses réquisitions, l’avocate générale, Véronique Wester-Ouisse, a évoqué une agression « ultra violente » dans laquelle les auteurs auraient mis « toute leur colère, toute leur haine, toute leur violence ».

« Que seraient devenues les victimes si un automobiliste n’avait pas mis les agresseurs en fuite ? Seraient-ils seulement vivants ? Il y a des précédents », a-t-elle souligné, avant de citer les noms de Clément Méric, militant antifasciste mort en 2013 lors d’une rixe entre jeunes d’extrême gauche et skinheads, et de l’ex-rugbyman argentin Federico Martin Aramburu, qu’un membre du GUD est soupçonné d’avoir assassiné samedi à Paris.

Les victimes, des antifas qui les auraient « coursé » plus tôt

Lors des débats, les agresseurs avaient expliqué avoir reconnu les victimes comme des militants antifascistes qui les auraient « coursés » dans le centre de Nantes un peu plus tôt dans la soirée.

Les quatre agresseurs ont affirmé lors des débats avoir coupé les ponts avec toute organisation politique.

Un cinquième accusé, Tanguy Martin, 20 ans au moment des faits, est mort accidentellement pendant la procédure.

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